C’est une idée reçue dans l’air du temps. Qui est allègrement reprise par la société de consommation qui vend des jeux spécial « dès la naissance », toujours très colorés, très stimulants. Tout nous pousse à vouloir « éveiller notre bébé », des fois que celui ci ne veuille pas grandir. Un bébé doit être vite performant, vite autonome, vite intelligent. Et toi, tu n’as pas réussi ta parentalité si ton bébé est en retard. Mais…
Mais ça veut dire quoi éveiller votre bébé ? Vous l’aurez remarqué, c’est très rare qu’il faille stimuler un bébé (en dehors de toutes difficultés de développement) pour qu’il reste éveillé. Dès la naissance, lui qui habitait dans un cocon où tous stimuli extérieurs lui parvenaient atténués, le bébé est assailli de stimulations sensorielles simultanées qu’il lui faut traiter. Cette excitation sensorielle devient vite stressante si elle n’est pas appropriée. En fonction de ses capacités de réponses au stress, le bébé va s’agiter, pleurer, ou se figer. Mais papa et maman veillent. De façon innée, les parents ont un rôle para excitant pour leur bébé, en limitant trop de stimulations sensorielles. Ils évitent de le poser devant une enceinte, le reprennent vite dans leurs bras quand plusieurs personnes s’amassent autour du couffin et le touchent. Or cet instinct para excitant tend à diminuer face aux injonctions de performance, à la place des écrans dans nos vies.
Il n’y a qu’un pas de la stimulation à la surstimulation. La stimulation au cours des premiers mois va se faire à travers tous les gestes du quotidien, le portage, les échanges verbaux, les promenades, le jeu, des nouveaux visages… Pas besoin de le mettre devant un cours d’anglais pour l’éveiller. En outre, la surstimulation est néfaste pour ses capacités d’attention futures, entraîne des troubles de sommeil, engendre un niveau de stress permanent… Pour arriver à une augmentation de prévalence des troubles de l’attention et d’hyperactivité chez les enfants.

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