Journal de grossesse : deuxième trimestre

14 semaines

Je touche mon ventre tous les matins, guettant tous signes de présence. J’ai envie de manger des fraises.  Je ne fais plus l’effort de rentrer mon ventre. Maintenant que j’ai laissé ouvert la trappe des émotions, je m’émeus d’un rien. J’interroge notre couple. Comment celui-ci va évoluer ? Je rentre dans le cercle fermé des femmes enceintes. Un cercle de sages qui détiennent un secret universel.

16 semaines

Je commence à ressentir la vie en moi. C’est très ténu comme sensation. Des bulles d’air qui éclatent, un mouvement en apesanteur, des ailes de papillons, un souffle d’air. Je touche toujours mon ventre le matin, un peu circonspecte. J’aimerai percer le mystère de ce qui s’y passe dans mon ventre. Je suis aux aguets du moindre balbutiement. Et oh, il y a quelqu’un ici ? Maintenant mon utérus dépasse mon nombril. Mon ventre s’est arrondi, les gens me sourient dans la rue. Je deviens enceinte pour tout le monde et le regard porté sur moi est différent. A la jardinerie, la vendeuse m’a porté mon pot de fleur jusqu’à la voiture d’office. « vous attendez un bébé, alors il ne faut pas soulever de poids ». Au travail on m’entoure, on me pose des questions « alors tu le sens bouger ? Tu préfères une fille ou un garçon ?… ».

18 semaines

Je regarde mon corps dans le miroir. Je le vois changer. Des veines qui apparaissent le long de mes seins, mes hanches qui se sont élargies, une peau plus pâle, des boutons d’acné, un ventre rond. Je suis encore surprise que cela tout cela puisse être réel. Je suis toujours à la recherche de signes de vie dans mon ventre, j’ai hâte de sentir le bébé bouger pour de vrai. L’été arrive. Je ressens le parfum entêtant du jasmin. Je pense que la prochaine saison verra la naissance de notre enfant.

20 semaines

Désormais je sens mon bébé bouger. Je me dis que plus rien ne sera comme avant. J’ai un mini colocataire dans le ventre, chacun fait sa vie. On a passé la deuxième échographie. Ce sera un petit garçon. Monsieur est content. Son fils ! J’ai peur de me sentir écartée de cette filiation masculine. La famille aussi s’est appropriée notre enfant. « notre petit fils », « notre neveu », s’immiscent déjà dans l’éducation future.  J’évite de trop faire de projections sur l’avenir de mon enfant. De ne pas l’assigner déjà à mes idéaux et à lui tracer un avenir. J’entretiens un certain rapport protecteur avec mon utérus « pas touche », il n’y a que Monsieur qui peut.

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