# 1 « Mais laisse le pleurer un peu, tu vas nous en faire un enfant capricieux! »

Ah, les pleurs, encore et encore ce vieux débat, faut il laisser pleurer les bébés ? C’est la question qui a occupé toute la dernière moitié du XXème siècle. Mais ça c’était avant. Dans le monde empirique de l’approche des bébés. 

Depuis, les sciences nous ont apporté un super éclairage sur ces questions. Les neurosciences, les imageries cérébrales fonctionnelles, les professionnels du développement cérébral, la biologie. On n’est plus dans l’empirisme et dans l’élaboration de théories un peu farfelues qui se modifiait régulièrement en fonction des mouvements célestes, ou en fonction des repas de famille… On est dans la connaissance. Et ce débat ne devrait plus avoir lieu.

Voici quelques notions toutes simples qui devraient vous éclairer sur ce sujet, au combien épineux en famille :

Le bébé humain nait prématurément, parce que l’humain en se relevant pour marcher  (super idée) à modifier la taille de son bassin qui est devenu plus étroit. Et pour que la naissance se passe bien pour les mères et leurs rejetons, l’évolution a raccourci la durée de la grossesse. Le bébé humain est le plus immature des animaux à la naissance. On parle aujourd’hui du 4ème trimestre de grossesse, celle qui se passe en dehors du corps maternel mais qui nécessite pour ce petit être totalement immature une continuité de contact et de chaleur.

Alors durant ses 3 premiers mois, un bébé pleure beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il nous met tous les nerfs en pelote. Nous oblige à faire des trucs un peu fou comme le faire dormir sur nos ventres alors qu’on a trop peur de l’étouffer accidentellement. Faire un marathon de nuit dans un T2 avec ce rejeton ingrat qui hurle dès qu’on veut le poser. Les pleurs sont une réaction au stress, à un sentiment d’insécurité qui vont faire sécréter du cortisol.

Et pour un nouveau né, qui a passé 9 mois en apesanteur bercé naturellement par tous les mouvements de sa mère dans une eau à température constante et nourri en continu… tout l’univers du dehors est stressant. La faim, la pesanteur, le froid, l’absence de contact, les coliques, l’immobilité. Et la seule chose sécurisante c’est le monde sensoriel de sa maman qu’il connait depuis sa vie fœtale (l’odeur, le gout, la voix…), le monde sensoriel tout aussi bienveillant de son papa dont il connait la voix. Et il n’a pas d’autre ressource pour se calmer seul. Enfin, pas encore mais ça va venir !

Un des chantiers pour cet être immature et stressé, ça va être de construire une base de sécurité, qui lui permettra par la suite de se sentir plus en sécurité et surtout d’apprendre à s’apaiser seul . Et c’est qui qui va l’aider à construire cette base de sécurité? Et ben je vous le donne en mille… c’est maman. Et papa aussi. A chaque fois qu’il pleure (donc encore une fois qu’il est stressé, parce que faim, peur, besoin de portage, sensation désagréable dans le corps etc etc…) il sécrète on a compris, du cortisol. Et le maternage, ou le paternage font diminuer le cortisol, il se sent de nouveau en sécurité. Et c’est parce qu’on répond bien à ses pleurs durant ses 3 ou 4 premiers mois (un peu au détriment de notre bien être à nous c’est vrai), que ce petit être sera par la suite moins stressé, plus sécurisé et…….. qu’enfin la maison va retrouver un niveau de sonorité acceptable à nos oreilles et que l’exploration du monde pourra commencer pour lui.

« Ouais enfin moi je l’ai laissé pleuré toutes les nuits, ça a duré une semaine, mais après au moins il a arrêté et on a eu la paix ! »

Globalement, on l’a compris pendant les premiers mois, plus on laisse pleurer un bébé donc plus on ne répond pas à son stress, plus il est stressé, donc plus il sécrète du cortisol, et plus longtemps il pleurera. Mais les pleurs sont la partie émergée de l’iceberg. Si personne ne vient répondre à ces signaux de détresse, que ça se répète dans le temps. Il va apprendre assez vite qu’il ne sert à rien de pleurer ou plutôt d’appeler à l’aide. Alors il va arrêter (youpi ?), mais il sera toujours aussi stressé, avec un taux de cortisol au plafond en permanence. Il commencera sa vie avec une base de sécurité assez médiocre (donc plus tard anxiété, dépression etc) et mettra en place des liens d’attachement bizarres avec les autres qui resteront à l’âge adulte. Mais pas que. Le cortisol à long terme inhibe le développement du cerveau, les apprentissages mais aussi la croissance.

« C’est bien joli tout ça, surtout quand on a un bébé facile qui fait ses nuits à la sortie de la maternité ! »

Et oui… Mais tous les bébés n’ont pas le même tempérament, ni la même histoire. Et pour certains, tout est lisse et fluide, ils sont de tempérament facile, globalement peu stressé et vite apaisable. Et d’autres ont eu des débuts un peu chaotiques, parce que naissance prématurée, accouchement difficile etc… et auront besoin d’être plus sécurisés plus longtemps. Ou auront un tempérament de base un peu stressé et des besoins intenses. Et ce sera plus fatigant pour les parents. Et quand on a une amie à côté qui se la pète parce que son bébé a fait ses nuits tout de suite, on peut avoir envie de la gifler.  Et c’est pour ça qu’il faut souffler, passer la main à quelqu’un de proche le temps d’une sortie, et ne pas culpabiliser d’avoir besoin de se faire aider, parce que oui c’est difficile!

Et là vous venez de tout lire (merci), et vous pleurez parce que dimanche dernier vous avez laissé pleurer votre chérubin. Et ben moi aussi ça m’est arrivé. Parce que parfois on n’en peut plus et qu’il est préférable de le laisser dans son lit pleurer et de s’enfiler un pot de pâte à tartiner dans la cuisine à côté, plutôt que de jeter le bébé par la fenêtre, ou un peu plus fréquent de le secouer. Et on n’est pas moins une bonne maman, et s’il est arrivé de laisser pleurer bébé quelques fois le cortisol ne freinera pas la croissance du cerveau. C’est la répétition dans le temps qui est préjudiciable pour lui.

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