# 3 « Ton bébé joue la comédie, il fait exprès de pleurer pour attirer l’attention sur lui »

Alors non, un bébé ne nous manipule pas et ne fais pas exprès de pleurer. Les pleurs chez les nourrissons sont à considérer comme un signal de détresse honnête, sachant qu’ils n’ont pas beaucoup d’autres moyens de de s’exprimer. Un bébé, n’est pas un adulte en miniature. Il n’est pas capable de se raisonner, il vit la majorité de sa première année dans la perception immédiate (et non dans la représentation, c’est à dire la pensée). Et ce n’est pas dépendant de son environnement, mais bien de la maturation de son cerveau.

Il pleure parce qu’il a faim, parce qu’il a froid, parce qu’il ne se sent pas en sécurité, qu’il est inconfortable, qu’il a mal quelque part… Bref tout un tas de raisons et c’est certain que ce serait plus facile plutôt que de pleurer, qu’il sache s’exprimer, nommer ces émotions et son malaise « maman j’ai peur quand je suis seul! ». Le bébé ne pleurera intentionnellement, c’est-à-dire dans l’idée de colorer un peu ces émotions pas avant au moins 18 à 24 mois.

Pour en savoir plus : l’art des relations sociales (et de la manipulation).

Tout commence après la naissance. Vous regardez votre nouveau-né, avec un sourire ébahi, et celui-ci s’est accroché à votre doigt et plante ses yeux dans les votre. Un regard est porté mutuellement entre vous et vous établissez une première forme d’attention visuelle partagée. Au fil des semaines et des mois, cette première forme d’échange se complexifie pour arriver à l’attention conjointe : vos regards se portent vers la même direction pour observer et partager un même centre d’intérêt. Le bébé va ensuite évoluer de la simple réponse à  l’attention conjointe vers un comportement d’initiation en invitant l’autre à partager un centre d’intérêt d’abord par le regard puis par le pointage.

A ce moment-là, il est rentré totalement dans l’intersubjectivité secondaire (entre 9 et 12 mois), clé de voute des relations sociales futures. A partir de cette capacité à partager des centres d’intérêt commun il va comprendre que son comportement à un effet sur l’autre, il va apprendre à reconnaitre et à partager les émotions d’autrui (environ 2 ans).

Le partage des intentions puis des émotions, le développement du langage, l’accès à des représentations internes et une meilleure connaissance des représentations sociales ouvrent la voie à la célèbre théorie d’esprit (entre 5 et 6 ans). Désormais il est capable de comprendre qu’autrui à une pensée différente de la sienne, il va pouvoir se décentrer pour se mettre à la place de l’autre. Et donc comprendre les enjeux de la politesse, enrichir ses interactions avec les autres pour pouvoir faire plaisir (ou faire du mal) intentionnellement.

Et ces différents stades ne sont pas que l’affaire de l’expérience ou de l’éducation, mais sont bien dépendants de la maturation cérébrale progressive qui s’opère. Penser qu’un bébé puisse être capable de faire du mal ou de manipuler intentionnellement, c’est comme penser qu’un bébé à un mois pourrait être capable de marcher!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :