# 7 « C’est à cause du laxisme des parents que la nouvelle génération d’enfants est plus effrontée! »

Bah oui, regardez les enfants d’aujourd’hui. Toujours à faire des caprices (enfin des colères comme disent ces nouveaux parents adeptes de l’éducation bienveillante), à exprimer haut et fort ce qu’ils veulent, à jouer des coudes avec les grands pour s’imposer et tenter de faire imposer leurs désirs ces petits effrontés. Et voilà, à force de lire des livres sur le respect des enfants, à interdire la petite fessée qui va bien et qui remet tout le monde en place, les parents se sont ramollis. Pas étonnant si maintenant les enfants sont devenus rois!

Bon, détricotons un peu tout ça, en soufflant un bon coup.

Nouveaux parents, c’est vrai

Ce qui est vrai dans cette idée reçue, c’est qu’il y a des « nouveaux parents », en opposition à ceux d’une ou deux générations. Dolto a semé les premières graines du changement il y a 40 ans. Puis l’intérêt brusquement suscité par le cerveau des enfants et la vulgarisation des neurosciences à tout bout de champs depuis une vingtaine d’année ont bien œuvré au changement de paradigme dans l’éducation. L’éducation perçue comme une relation verticale entre un parent tout puissant et un enfant qui doit être soumis à l’autorité parentale par crainte d’une punition perd de sa substance. Pas besoin de se labelliser parent « bienveillant » ou l’inscrire dans une école Montessori pour percevoir son enfant comme une petite personne dotée de compétences et de sensibilités qui lui sont propres. Petite personne qui a le droit d’être écoutée et dont la valorisation est plus importante que l’humiliation.  Donc forcément, nouveaux parents  = nouveaux enfants. Des enfants qui ont appris à être respectés, qui ont plus confiance en eux et qui veulent s’exprimer, parfois même pour dire qu’ils ne sont pas d’accord. Là ou avant leur statut d’enfant ne leur donnait aucun droit sur le monde des adultes. Et voilà, vous leur avez donné la parole, alors maintenant ils la prennent !

Mais aussi des nouvelles familles

Avec une organisation familiale totalement différente depuis 2 générations. Des mères qui souvent travaillent, une disponibilité des parents moins importante, plus de temps passé en crèches/nounous/CLAE, des pères qui ne sont plus là que pour faire acte d’autorité mais qui mettent les mains dans les couches, des familles homoparentales, monoparentales, reconstituées. Là où auparavant il fallait « tout un village pour élever un enfant », ne reste plus que les parents, éventuellement une assistante maternelle et un ou deux grands parents

Et surtout un changement massif du statut de l’enfant dans la société !

Et oui, l’enfance ne dépend pas seulement de l’organisation familiale, mais aussi de l’organisation sociale et culturelle. Et la société a considérablement changé son point de vue sur l’enfance ! L’enfance n’intéressait pas grand monde il y a 40 ans. De fatalité biologique, l’enfant est devenu désiré et sa venue au monde planifié par ses parents. D’un être passif à modeler, il est devenu une petite personne déjà douée de compétences à respecter. Pensez-vous, on lui a même fait une déclaration universelle des droits de l’enfants (1989) et une loi en 2019 est passée pour interdire les violences éducatives ordinaires (pratiques punitives qui regroupent humiliation et châtiment corporel…). Bref la société a bien contribué aussi a modifié le rapport entre les parents et les enfants !

Oui mais… nouvelle génération d’enfants = enfants plus heureux ?

( Petite parenthèse lexicale : ce n’est pas parce que tu laisses s’exprimer ton enfant, voir même que tu l’écoutes et que tu le laisses prendre quelques décisions que tu vas faire de ton enfant un enfant roi. Une éducation du genre plutôt bienveillante, (disons non basée sur la soumission) ne fait pas des enfants rois.  Une éducation permissive si. Une éducation permissive, c’est une éducation où on accède à tous les désirs de son rejeton pour ne pas avoir à prononcer le fameux NON et lui éviter les petites frustrations. Par ailleurs on peut donner la fessée et quand même avoir des enfants rois. Un enfant tyrannique est souvent un enfant en souffrance…)

 Comment ça, les enfants d’aujourd’hui seraient malheureux en plus ?

Voyons les choses autrement…Un parent en souffrance/anxieux = un enfant en souffrance/anxieux. La précarité et les incertitudes sur l’avenir, le rythme de travail de plus en plus intense, l’éloignement familial, les injonctions à ne plus seulement être « un bon parent » mais « le meilleur parent possible » contribuent aux difficultés et à la souffrance croissante des parents.

Et au-delà des injonctions à être « le meilleur parent possible », dans notre société de plus en plus narcisée et hyper-indivudualiste, l’enfant se doit de répondre à toutes les attentes de ses parents, parce que l’enfant précieux, désiré est la prolongation de sa propre réussite personnelle. Donc renvoyer une belle image sur instagram, être bilingue à 5 ans, jouer un instrument de musique et surtout bien rentrer dans les normes scolaires!

Voilà tonton Patoche, si les enfants de la nouvelle génération ne se tiennent pas aussi bien à carreaux que toi quand tu étais gamin, ce n’est pas seulement parce que les parents ont arrêté de leur mettre des taloches !

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